Goldman Sachs : les LP maintiennent leurs engagements et trient
Selon Goldman Sachs Alternatives, 84 % des 225 investisseurs interrogés déploieront autant ou plus de capital, mais la liquidité et la sélection pèsent.
Les investisseurs institutionnels ne se retirent pas des marchés privés, mais ils choisissent davantage leurs gérants. C'est le constat de l'enquête Global Alternatives Survey : The LP View 2026, intitulée « Rethinking Not Retreating » et publiée par Goldman Sachs Alternatives, dont Finyear a rendu compte le 26 octobre 2026. Pour les équipes de fonds comme pour les dirigeants dont l'actionnaire est en levée, les critères de sélection décrits méritent attention.
Un échantillon de 225 investisseurs
L'enquête a interrogé 225 investisseurs institutionnels entre juin et août 2026 : fonds de pension, assureurs, fonds souverains, family offices et fondations. Ils se répartissent à raison de 43 % dans les Amériques, 40 % en Europe, Moyen-Orient et Afrique, et 17 % en Asie-Pacifique. Un cinquième d'entre eux gère plus de 100 milliards de dollars.
Les chiffres cités par Finyear indiquent que 84 % de ces investisseurs prévoient de déployer autant de capital, ou davantage, que l'an dernier, contre 83 % en 2025. Parmi eux, 37 % comptent accélérer, 47 % maintenir leur rythme et 11 % le réduire.
La liquidité, premier frein
Le principal obstacle cité est le manque de distributions : 35 % des répondants le placent en tête, contre 31 % en 2025. Stephanie Rader, codirectrice mondiale de la formation de capital chez Goldman Sachs Alternatives, y voit un changement de nature : selon elle, la liquidité est devenue un avantage concurrentiel à mesure que les délais de sortie se sont allongés.
Les marchés secondaires en tirent parti. Les avis positifs à leur sujet (44 %) l'emportent sur les avis négatifs (15 %), soit un rapport de trois pour un. Un sujet que le site a abordé à propos des fonds de continuation, où les investisseurs doivent choisir entre vendre et réinvestir.
Private equity stable, infrastructure et dette privée en mouvement
Les perspectives diffèrent selon les classes d'actifs. Pour le private equity, 56 % des répondants ne signalent aucun changement, 24 % expriment un avis positif et 20 % un avis négatif. La liquidité y reste le premier défi, pour 28 % d'entre eux. Pour mémoire, la définition du private equity, le lexique d'Entourage Recrutement rappelle les mécanismes de base de cette classe d'actifs.
L'infrastructure est la mieux orientée : 43 % des investisseurs en ont une vision plus favorable qu'il y a un an, contre 7 % une vision moins favorable. La dette privée est plus contrastée. Le sentiment négatif y progresse le plus, à 35 %, mais 65 % des répondants y voient des opportunités équivalentes ou supérieures. Elle reste aussi la classe la plus souvent jugée sous-représentée dans les portefeuilles, pour 48 % d'entre eux (43 % en 2025), devant l'infrastructure à 41 %.
Ce qui décide du choix d'un gérant
Pour sélectionner un gérant, l'historique de performance arrive en tête, cité par 78 % des investisseurs. Viennent ensuite l'accès à des stratégies absentes du portefeuille (50 %), l'expertise spécialisée (39 %) et la diversification géographique ou sectorielle (35 %). Mike Brandmeyer, responsable mondial et directeur des investissements du groupe d'investissement externe de Goldman Sachs, relève que les investisseurs veulent désormais voir une discipline dans l'analyse des investissements.
Côté risques, 82 % placent la géopolitique dans leur top cinq, et 36 % en font le risque numéro un, pour la troisième année consécutive. L'inflation figure dans le top cinq de 67 % des répondants, la récession américaine de 63 %. L'intelligence artificielle est vue comme le principal moteur de transformation des actifs alternatifs sur cinq ans par 34 % d'entre eux.
Ce que cela change pour les sociétés en portefeuille
Les résultats de l'étude privilégient les gérants déjà connus, et les nouveaux entrants doivent démontrer leur valeur ajoutée. Pour une société détenue par un fonds, cela signifie que la qualité du reporting, la discipline des investissements et la capacité à générer des distributions comptent dans la relation entre le gérant et ses investisseurs, donc dans les échéances de sortie. Cette lecture est une déduction à partir des chiffres publiés : l'enquête ne porte pas directement sur les sociétés en portefeuille.
Une réserve de méthode : l'enquête est publiée par un acteur des marchés alternatifs, qui y est partie prenante, et le rapport d'origine n'a pas pu être consulté. Les chiffres ci-dessus sont ceux rapportés par Finyear.