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Bpifrance : Mélenchon veut remplacer Nicolas Dufourcq

Candidat à la présidentielle de 2027, Jean-Luc Mélenchon annonce vouloir changer la direction de Bpifrance. Ce que cela peut signifier pour les fonds.

29 octobre 2026 · 3 min de lecture

Mercredi 28 octobre 2026, Jean-Luc Mélenchon, candidat de La France insoumise à l'élection présidentielle de 2027, a déclaré lors d'une conférence de presse qu'il remplacerait le directeur général de Bpifrance, Nicolas Dufourcq, s'il était élu en mai 2027. L'information a été rapportée par Maddyness, avec l'AFP.

Ce qui a été dit

La conférence de presse présentait le projet de pôle bancaire public de La France insoumise. Selon Maddyness, Jean-Luc Mélenchon a jugé que « l'actuel pôle public financier qui existe par la loi, il existe, mais il n'a aucun pilotage ». Il reproche à Nicolas Dufourcq d'agir sans contrôle et estime que sa direction de Bpifrance serait incompatible avec la sienne à la tête de l'État.

Le candidat a aussi indiqué être déjà en conflit ouvert avec le gouverneur de la Banque de France. Sur les banques, il a précisé qu'une nationalisation comme celle de 1982 sous François Mitterrand n'est pas « à l'ordre du jour ».

Le programme financier annoncé

Le même jour, La France insoumise a détaillé plusieurs mesures d'épargne et d'investissement, d'après le compte rendu de Maddyness :

  • porter l'investissement annuel du pôle financier public de 100 à 200 milliards d'euros ;
  • relever le plafond du Livret A de 23 000 à 30 000 euros, ce qui libérerait 40 milliards d'euros supplémentaires selon le mouvement, et indexer son taux sur l'inflation ;
  • créer un « livret B » d'épargne longue, bloqué de trois à dix ans, adossé à un fonds de reconversion productive, présenté par la députée Aurélie Trouvé.

Le chiffre de 100 milliards d'euros désigne le pôle financier public dans son ensemble, et non Bpifrance seule. L'article ne donne pas d'autre donnée sur les encours de la banque.

Ce que l'on sait de la direction actuelle

Nicolas Dufourcq dirige Bpifrance depuis sa création. Selon la notice que Wikipedia lui consacre, les commissions des finances de l'Assemblée nationale et du Sénat ont accepté sa nomination comme directeur général le 23 janvier 2013, et il a été nommé président du conseil d'administration en juin 2013. La notice consultée ne mentionne pas de renouvellement de mandat, et nous ne pouvons donc pas en préciser le calendrier.

Ce que cela change pour les lecteurs

À ce stade, rien n'est modifié. Il s'agit d'une intention de candidat, exprimée sept mois avant l'échéance, et aucun texte ni aucune décision ne touche la gouvernance de Bpifrance. Les sources consultées ne disent rien de l'activité de la banque publique en capital-investissement.

Pour les équipes de fonds, les dirigeants de sociétés en portefeuille et les directions financières qui s'appuient sur des financements publics ou des co-investissements, le sujet relève donc de la veille. Trois éléments méritent d'être suivis :

  • la suite donnée à l'idée d'un pilotage renforcé du pôle financier public, que le candidat juge aujourd'hui insuffisant ;
  • le sort réservé à la direction de Bpifrance, désormais explicitement posé dans la campagne ;
  • le contenu du programme final, notamment la place de l'épargne longue et du fonds de reconversion productive, dont les contours ne sont pas précisés dans l'article.

La nomination du directeur général de Bpifrance relevant d'une procédure encadrée, qui a impliqué les commissions des finances des deux assemblées lors de la nomination de 2013, toute évolution de la direction passerait par un cadre institutionnel et non par une simple déclaration. Les autres candidats n'ont pas, dans l'article cité, réagi à cette annonce.

Un point de repère

Cette annonce ouvre un débat que la campagne dira si elle approfondit : qui pilote l'investissement public, avec quels objectifs, et sous quel contrôle. Les acteurs du financement des entreprises, fonds comme dirigeants, auront intérêt à lire les programmes à mesure qu'ils seront publiés, en distinguant les intentions affichées des mesures effectivement chiffrées et calendrées.


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