Satys Electric : Siparex Midcap entre, le management prend la main
Siparex Midcap devient actionnaire minoritaire de référence de Satys Electric, Bpifrance et Carvest réinvestissent et la direction passe majoritaire.
Satys Electric change d'actionnaire principal sans changer de cap. Selon Finyear, Siparex Midcap entre au capital du fabricant de faisceaux et d'armoires électriques comme actionnaire minoritaire de référence, le 22 octobre 2026.
Bpifrance et Carvest, la structure d'investissement de Crédit Agricole Régions Investissement, réinvestissent à cette occasion. Le management prend le contrôle majoritaire du groupe. Le montant de l'opération n'est pas communiqué.
Une société passée par un premier MBO
Créée en 1999, Satys Electric conçoit et fabrique des faisceaux électriques, des armoires électriques et des sous-ensembles électromécaniques. Elle travaille pour de grands comptes industriels dans le médical, le ferroviaire, l'aéronautique, l'énergie, les data centers et les semi-conducteurs, d'après Finyear.
Le groupe est dirigé depuis 2012 par Thomas Ponchon. Sa séparation du groupe Satys s'est faite avec Capital Croissance, qui avait pris une participation majoritaire dans le cadre d'un MBO, aux côtés de l'équipe de direction, de Bpifrance et de Carvest, selon Le Monde du Droit en janvier 2021.
À l'époque, la société réalisait environ 40 millions d'euros de chiffre d'affaires, dont plus de la moitié à l'international, et sa dette senior était arrangée par le Crédit Agricole de Franche-Comté. En juin 2022, CFNews évoquait 50 millions d'euros de chiffre d'affaires et une acquisition aux États-Unis.
Aujourd'hui, Finyear indique un effectif de plus de 1 000 collaborateurs, des implantations en Europe, aux États-Unis et en Asie, et un chiffre d'affaires attendu au-delà de 70 millions d'euros en 2026.
La sortie de Capital Croissance
L'opération organise la sortie de Capital Croissance, présenté comme vendeur. Côté cédant et management, Investec a conseillé sur le volet M&A, Lamartine sur le juridique, CMI sur la stratégie et BDO sur le financier.
Côté investisseurs, Lexicube et Périclès Avocats sont intervenus sur le juridique, Interpath sur le financier et Strategia sur la stratégie. Le financement bancaire réunit le Crédit Agricole de Franche-Comté, BNP Paribas, Banque CIC Est, LCL et Bpifrance, avec De Gaulle Fleurance comme conseil des banques.
On retrouve donc, près de six ans après le premier montage, le même arrangeur régional et le même conseil juridique côté prêteurs. Les termes de la nouvelle dette ne sont pas publiés.
Un schéma où la direction devient majoritaire
Le point saillant tient à la répartition du capital. Le fonds entrant ne prend pas le contrôle : il se place en minoritaire de référence, tandis que les dirigeants deviennent majoritaires. Les investisseurs historiques publics et mutualistes restent au tour de table.
Thomas Ponchon parle, selon Finyear, d'un « nouveau tour de table » dans la continuité, avec le réinvestissement du management et des partenaires financiers. Pour Augustin de Jerphanion et Henri Dumas, de Siparex Midcap, la société présente des « fondamentaux très solides ».
Pour une direction, ce type d'opération se traduit par un réinvestissement et une part de capital accrue. Les mécanismes qui accompagnent ce réinvestissement relèvent du management package, dont les termes ne sont pas rendus publics ici.
Ce que prévoit le plan
Le projet annoncé combine croissance organique, développement commercial auprès de clients existants et nouveaux, et croissance externe. Le groupe envisage aussi de renforcer sa présence à l'international, avec de possibles nouveaux sites industriels.
Siparex, qui revendique 4,5 milliards d'euros d'actifs gérés selon Finyear, intervient en private equity, en venture capital via XAnge et en dette privée. Carvest, filiale de 11 Caisses régionales de Crédit Agricole, gère 600 millions d'euros, dont environ 450 millions investis dans près de 175 entreprises régionales.
Ce qu'il faut retenir
Pour les dirigeants d'ETI industrielles sous LBO, le dossier illustre une voie de sortie qui ne passe ni par une cession à un industriel ni par un LBO majoritaire classique. Le fonds sortant cède, les dirigeants montent au capital et un fonds minoritaire prend le relais.
Pour les DAF, ce montage s'accompagne d'un tour de table recomposé et d'un nouveau pool bancaire de cinq établissements. La capacité du groupe à financer ses acquisitions futures dépendra des conditions de ce financement, qui n'ont pas été communiquées.